Chapitre 4 : Valeur de l'innovation? Séquence 16 : Le cycle de destruction création de valeurs
Cette séquence repart de l'idée de Schumpeter et de son cycle destruction-création de valeurs. Elle nous met en garde sur les innovations qui peuvent être :
- trop décalées
- socialement inutiles
- centrées sur le seul innovateur
- techniquement inefficaces
- couteuses
Elle développe le point de vue de l'utilisateur au service duquel se place le formateur-bricoleur. Elle tempère le "génie créateur" en valorisant le réemploi, les ajustements qui se font grâce à la résistance du réel : l'intelligence qui bricole le monde. Un peu à la façon de la main de l'artisan dans son atelier que nous décrit le sociologue Thomas Sennet dans son ouvrage Together. C'est la matière qui guide l’œuvre plus que le cerveau.
L'innovation en pédagogie ressort comme un cycle essai-erreur ou comme une danse entre formateurs et apprenants qui explorent ensemble des idées, des processus, des exercices des façons de faire.
Le dossier joint donne des exemples d'innovations collectées et mises en valeur par le GARF.
ETUDE DU GARF SUR L'INNOVATION
8 commentaires
Commentaires repris de l'ancien blog, en lecture seule.
Christian MARTIN · 20 janvier 2014
Encore merci pour ces vidéos et le document attaché, l'étude du Garf qui donne du grain à moudre. Très dense. J'en extrait ci-après un point de vue que je ne partage pas. Ce qui fait écho à ce que vous appelez "le bricolage".
L'extrait :
Sortir de l'ingénierie pour entrer dans l'artisanat pédagogique, faire rentre l'imprévu dans la pédagogie. L'imprévu, c'est être capable de s'adapter dans l'instantanéité. Le pédagogue doit faire preuve de sensibilité, de subtilité et d'intelligence de l'improvisateur, une poésie pédagogique. Etre capable de produire, de composer avec les moyens du moment pour conduire l'apprenant. Savoir écouter, capter le moment, s'adapter, une mobilité intellectuelle, attentionnelle, émotionnelle pour mobiliser les apprenants vers le but prédéterminé.
Mon commentaire
Mais, je ne pense pas qu'il faille substituer l'artisanat pédagogique à l'ingénierie pédagogique, il faut les deux. L'ingénierie c'est du design, l'artisanat c'est de la mise en oeuvre en situation. Ce qui exige de l'animateur, en effet, une grande culture et sensibilité pour s'adapter aux situations et saisir "le teachable moment". Les grands innovateurs, là je pense à Montessori, Freinet alliaient cette capacité de design et de mise en oeuvre en situation.
CRISTOL · 20 janvier 2014
Effectivement on ne peut improviser et bricoler que lorsqu'on maîtrise les bases, sinon on court le risque d'engager une action aux conséquences potentiellement dommageable pour soi ou les apprenants. En matière humaine, il faut prendre garde à ce que l'intention du formateur ne prenne pas toute la place et laisse à l'apprenant son espace.
Il nous faut bien distinguer la phase du dessein ou design au cours de laquelle on imagine ce qui peut se passer et la phase du trait, qui révèle un style personnel en situation. Ce style se marie aux conditions faites par le groupe et l'institution.
C'est ainsi qu'une grosse préparation, un important travail d'ingénierie permet de sortir de la trame prévue pour mieux y revenir et ce de façon cohérente et sans prise de risque excessive.
Christian MARTIN · 20 janvier 2014
100% d'accord avec vous sur l'improvisation (un peu comme au jazz, même si personnellement je ne connais rien à la musique). Je prendrais une autre métaphore: L'ingénierie c'est la construction du voilier, la carte du voyage (avec son objectif) et la mise en oeuvre (l'animation de la formation - y compris blended), c'est le voyage réel, avec ses aléas: Le travail du navigateur et des équipiers, les circonstances, les avaries ...
CRISTOL · 20 janvier 2014
Platon distingue
epistemoi : les concepts, la théorie
technè : l'ingénierie, la technique, les méthodes les outils
phronésis : l'expérience du réel
mètis : la ruse en fonction des circonstances, le choix opportuniste du navigateur
Christian MARTIN · 20 janvier 2014
J'ai sous les yeux, accrochée au mur à la verticale de mon écran, une citation de Platon qui évoque ces différentes notions. Une personne très proche (Hélène) qui étudie le grec ancien me parle parfois de la mètis d'Ulysse. Le pédagogue, ingénieur pédagogique, animateur, vogue entre ces différents plans, c'est d'ailleurs ce qui rend(rait) le métier passionnant si l'océan du réel n'était pas aussi agité.
CRISTOL · 20 janvier 2014
Cet océan est ce qui nous fait vivre, il nous reste à apprendre (beaucoup plus facile à dire qu'à faire) à rester serein en toutes circonstances pour ne pas se laissser emporter
Christian MARTIN · 21 janvier 2014
Denis, avez-vous identifié cette initiative, et qu'en pensez-vous? Il s'agit d'Innovation en matière d'éducation : un challenge ...
http://www.openeducationchallenge.eu/#!
CRISTOL · 21 janvier 2014
merci pour l'info