Témoignages des apprentissages et du parcours Rêve de Dan’A par ceux qui l’ont vécu.
Ces podcasts ont été créés par Thomas Troaec de l’agence Catalpa www.agence-catalpa.f afin de soutenir l’initiative d’innovation pédagogique et sociale du laboratoire Rêve de Dan’A. Ils entrent pleinement dans une qualité d’expérience humaine transformatrice.
Dans cet épisode, Raphaëlle développe une réflexion centrale : faire vivre les mondes ne relève ni d’un discours abstrait sur l’écologie ni d’un ensemble de solutions techniques, mais d’une transformation profonde de notre manière d’entrer en relation avec le vivant. Son propos s’enracine dans l’expérience concrète des milieux, des paysages et des relations humaines et non humaines qui les composent. Elle montre que les mondes tiennent — ou se défont — à partir de la qualité des liens que nous entretenons : liens aux lieux, aux autres, aux formes de vie invisibilisées par les logiques de performance et de maîtrise. Faire vivre les mondes implique alors une posture d’attention, de présence et de responsabilité, où l’on accepte d’être affecté par ce qui nous entoure plutôt que de chercher à le contrôler. Le propos met en lumière des savoirs discrets mais essentiels : savoirs sensibles, relationnels, situés, issus du temps long et de l’écoute. Raphaëlle insiste sur la nécessité de ralentir, de composer avec l’incertitude et d’habiter les situations plutôt que de les surplomber. Apprendre devient un processus relationnel et réciproque, dans lequel l’humain se transforme autant qu’il transforme. Raphaëlle nous fait une invitation claire : repenser nos manières d’apprendre, d’agir et de transmettre à partir du vivant, en reconnaissant que faire vivre les mondes commence toujours par une manière plus juste d’y être présent.
Dans cet enregistrement, Lina partage une parole ancrée dans l’expérience directe de l’aléa climatique. Son propos ne se situe pas du côté des modèles abstraits ou des projections statistiques, mais dans le vécu concret de celles et ceux qui composent, au quotidien, avec l’incertitude climatique, les dérèglements saisonniers et la fragilisation des milieux. Lina décrit ce que signifie vivre l’aléa plutôt que le penser à distance : apprendre à faire avec l’imprévisibilité, accepter la perte de repères stables, ajuster ses pratiques, ses rythmes et ses décisions dans des contextes mouvants. L’aléa n’est pas seulement un risque à gérer, mais une réalité qui transforme les manières d’habiter un territoire, de travailler, de se projeter et de faire collectif. Son propos met en lumière une dimension souvent peu audible des enjeux climatiques : la charge émotionnelle, corporelle et relationnelle qu’ils impliquent. Peur, fatigue, vigilance accrue, mais aussi inventivité et solidarités locales traversent le récit. L’enregistrement montre comment les savoirs issus de l’expérience — savoirs d’adaptation, d’observation fine du milieu, de coopération — deviennent centraux pour traverser les transformations en cours. Ce témoignage invite ainsi à déplacer le regard sur la transition climatique. Il ne s’agit plus seulement d’anticiper ou de corriger, mais de développer des capacités à vivre avec l’incertitude, à apprendre du milieu et à renforcer les liens humains et territoriaux. L’enregistrement s’adresse à toutes celles et ceux — acteurs des territoires, formateurs, accompagnants, décideurs — qui cherchent à comprendre le changement climatique depuis le point de vue de celles et ceux qui le vivent déjà.
Dans ce podcast, je reviens sur la genèse d’un projet pédagogique né d’une conviction patiemment éprouvée : apprendre ne se réduit ni à des contenus ni à des dispositifs, mais s’enracine dans une relation vivante au milieu. J’y raconte comment s’est progressivement élaborée une pédagogie du vivant, telle que je l’ai formulée dans l’ouvrage Quand le vivant inspire la pédagogie : une pédagogie attentive aux paysages, au corps en mouvement, à l’itinérance comme forme de pensée, et à la médiation avec des ânes comme révélateur de nos manières d’entrer en relation, de décider et de coopérer. Le Rêve de Dan’A s’inscrit dans cette continuité. Il ne s’agit pas d’un lieu ou d’une méthode clé en main, mais d’un espace d’expérimentation où se tissent recherche, formation et pratiques collectives. On y explore d’autres rapports au savoir : plus situés, plus sensibles, plus incarnés. Les ateliers de groupe, les marches réflexives, les temps de présence au vivant ouvrent des chemins pour apprendre autrement, ensemble, et transformer en profondeur nos manières de travailler, de manager et d’accompagner les transformations. Ce projet s’adresse à celles et ceux qui œuvrent déjà dans des contextes complexes et mouvants : acteurs de la transformation, managers, formateurs, coachs, consultants et facilitateurs. À toutes celles et ceux qui sentent que les réponses ne viendront pas seulement de nouveaux outils, mais d’un déplacement plus profond de nos postures, de nos attentions et de nos manières d’habiter les situations d’apprentissage.
Dans cet enregistrement, Karine Massonnie livre un récit dense et incarné, construit à partir d’années de rencontres, de pratiques et d’engagements auprès de ce qu’elle nomme les « peuples du vivant ». Sa parole ne se situe ni dans la théorie abstraite ni dans le témoignage anecdotique, mais dans un entre-deux fécond : celui d’une pensée qui émerge de l’expérience vécue, du contact prolongé avec des milieux, des êtres et des cultures qui accordent une place centrale à la relation. Tout au long de l’enregistrement, Karine décrit un déplacement progressif de regard. Elle montre comment le vivant – humain et non humain – cesse d’être un décor, une ressource ou un objet d’étude, pour devenir un interlocuteur à part entière. Cette transformation du rapport au vivant implique un changement profond de posture : apprendre à ralentir, à écouter, à percevoir les signes faibles, à accepter de ne pas maîtriser. Le savoir n’est plus accumulé ni transmis verticalement ; il se révèle dans l’attention, la présence et la qualité du lien. Elle revient sur ce que ces relations prolongées enseignent concrètement : une autre manière d’habiter le temps, de prendre des décisions, de comprendre les interdépendances, mais aussi de se situer soi-même comme être humain parmi d’autres formes de vie. Les « peuples du vivant » ne sont pas idéalisés ; ils sont présentés comme porteurs de savoirs situés, fragiles, parfois menacés, mais essentiels pour penser autrement nos modèles éducatifs, sociaux et organisationnels. L’enregistrement interroge en filigrane les cadres dominants de l’apprentissage et de la transmission. Karine met en lumière les limites d’une approche trop techniciste ou désincarnée du savoir, et plaide pour une reconnaissance des savoirs relationnels, sensoriels, symboliques et spirituels, souvent relégués aux marges. Elle montre comment ces savoirs transforment les personnes qui les approchent : dans leur rapport à l’autorité, à la responsabilité, au collectif et au monde vivant. Ce témoignage résonne comme une invitation à repenser l’apprentissage non plus comme une production de compétences isolées, mais comme une transformation progressive de la manière d’être au monde. Il s’adresse à toutes celles et ceux – formateurs, éducateurs, chercheurs, accompagnants, acteurs de la transformation – qui pressentent que les réponses aux crises contemporaines ne viendront pas seulement de nouveaux outils, mais d’un changement plus profond de nos relations, de nos attentions et de nos façons de faire connaissance avec le vivant.
